Fribourg Olympic est le premier qualifié pour la finale de Patrick Baumann Swiss Cup Men après son succès sur le terrain de BBC Monthey-Chablais. Une victoire acquise dans les toutes dernières secondes par les fribourgeois après avoir été menés depuis la fin du 1er quart-temps
À quelques secondes du buzzer, le BBC Monthey-Chablais laisse filer son rêve
Auteurs d’un match admirable, et d’une première mi-temps de tous les superlatifs, les Sangliers s’inclinent (82-85) dans les derniers instants et laissent leur place en finale à Olympic.
La déception est à la mesure de l’exploit qui attendait le BBC Monthey-Chablais s’il était parvenu à bouter Fribourg Olympic hors de la Coupe de Suisse. Leur première finale depuis 2017, les Sangliers l’ont tenue entre leurs mains pendant la majeure partie de cette rencontre. À vrai dire, de la cinquième à la 38e minute de jeu, le Reposieux et ses guerriers avaient des raisons légitimes d’espérer être de la partie le 1er avril prochain. Malheureusement pour le peuple jaune et vert – qui a offert à cette demi-finale l’atmosphère qu’elle méritait – les visiteurs ont balayé le rêve montheysan dans les 120 dernières secondes de la partie en allant chercher une victoire 82 à 85. C’est la première fois depuis au moins six saisons – les statistiques du site de SwissBasketball ne permettant pas de remonter plus loin – que Fribourg encaisse 55 points en première mi-temps
L’homme: Chandler met au supplice la meilleure défense du pays
Un Nathan Jurkovitz presque sur les fesses, un Davonta Jordan qui tente de retrouver le Nord, voilà l’effet Jayjay Chandler. Cette action – du deuxième quart – qui s’est terminée par un lay-up illustre l’impact qu’a eu le top-scorer montheysan sur cette partie. Mais elle est très loin de résumer la performance offensive du rookie américain qui a mis au supplice la meilleure défense du pays, durant de très longues minutes. Lorsque la lucidité était encore sa conseillère, Chandler est même parvenu à faire jouer ses partenaires. Des partenaires qui ont «accepté» de se sacrifier pour lui permettre de briller et de trouver des espaces. Malheureusement, dans le money-time de cette partie, les Fribourgeois ont parfaitement ciblé l’arrière montheysan pour ne plus lui laisser ne serait-ce qu’un centimètre carré de parquet. Et Davonta Jordan a fini par lui voler la vedette pour permettre à Olympic de s’envoler vers la finale.
Le constat: Monthey a su sortir les pectoraux
Parlons à nouveau avec une image, celle de Brandon Kuba balançant Nathan Jurkovitz sur le parquet du Reposieux après une lutte pour un rebond. Si le Martignerain possède la carrure pour réussir ce genre de «KO», ses coéquipiers, même les moins épais, ont fait le nécessaire pour limiter l’impact des visiteurs au rebond. Les Sangliers étaient d’ailleurs en tête dans ce domaine après dix minutes (7 à 3) et à la fin de la première mi-temps (19-12). Sans doute légèrement piqués dans leur orgueil – mais également remis en place par Petar Aleksic -, les Fribourgeois ont quelque peu rééquilibré la statistique du rebond durant les vingt dernières minutes (37 à 32 au décompte final). «On a été trop laxistes et trop faibles au retour des vestiaires», regrette Brunell Tutonda. «Fribourg est monté d’un niveau en termes d’intensité et on n’a pas su faire de même. On n’a pas encore les clés qui nous permettent de tenir tout un match face à une équipe aussi complète.»
Le paradoxe: si près, mais encore un peu trop loin
«C’est Fribourg devant nous ce soir, c’était Massagno face à nous le week-end dernier et dans les deux cas, il y a eu match. Personne n’aurait parié là-dessus il y a un mois et demi de cela.» La phrase est sortie de la bouche d’un Patrick Pembele déçu, mais également «très fier» de son équipe. Parce que ses hommes sont parvenus à faire sortir Petar Aleksic de ses gonds à plusieurs reprises en première mi-temps, parce qu’ils ont contraint Boris Mbala à recarder fermement ses coéquipiers, parce qu’ils ont forcé Davonta Jordan à sortir son meilleur basket en fin de match. Mais malgré tout cela, les jaune et vert sont tout de même repartis du Reposieux avec une défaite et surtout sans finale. «On n’est pas loin des cadors du championnat, on doit le réaliser et surtout travailler énormément à l’entraînement pour combler cet écart d’ici les playoff.»
Le Nouvelliste - Adrien Delèze
Olympic s’offre un petit miracle
Malmenés par Monthey, les Fribourgeois reviennent de nulle part et se qualifient pour la finale de la Coupe
Monthey 80, Fribourg Olympic 71 et 2 minutes 30 à jouer. Qui regardait le tableau d’affichage à ce moment-là samedi dans une salle du Reposieux survoltée n’aurait pas donné beaucoup de (la moindre?) chances aux Fribourgeois. Et pourtant! Matt Millon, Arnaud Cotture, Davonta Jordan, Cotture encore et deux lancers francs de Jordan, accompagnés d’une défense cinq étoiles de ce dernier sur le topscorer adverse – on y reviendra –, ont permis aux visiteurs de réussir un 12-0 salvateur et de renverser une folle demi-finale de Coupe de Suisse. «Si j’ai eu peur de perdre? Oui, quand on est à –14 à la mi-temps, forcément, mais en même temps, nous nous sommes montrés tellement irréguliers cette saison, que j’ai continué à y croire», avoue le capitaine Boris Mbala, auteur d’un match XXL et d’un énorme coup de gueule juste avant la pause. «Avant le match, je racontais que j’avais changé et que je m’énervais moins, se marre-t-il. Mais on encaissait tout et on ne se battait pas, il fallait que je laisse sortir ma frustration…» Il n’a pas été le seul à le faire. L’entraîneur Petar Aleksic a passé une soufflante à ses joueurs dès le premier quart, l’un des pires de la saison sur le plan défensif avec 27 points encaissés. L’effet? Nul. Les Fribourgeois, archidominés au rebond, ont fait encore pire dans la deuxième période avec 28 points reçus. Soit 55 points encaissés à la pause! «Après notre très bon départ offensif (3-11 à la 4e minute, ndlr), nous avons pensé que nous pourrions battre Monthey sur l’attaque. On s’est compliqué la vie», souffle le coach fribourgeois. «Cette première mi-temps n’était vraiment pas belle. On jouait tout seuls. Comme d’autres, j’ai bien gueulé dans le vestiaire et on a changé d’attitude. Ça rend l’histoire encore plus belle», explique Natan Jurkovitz.
Le début d’un autre match
La physionomie du match a changé au retour sur le parquet. En coupant son banc pour s’appuyer sur seulement sept joueurs (lire coup par coup), Petar Aleksic a privilégié l’intensité défensive. Soudain empruntés, les Montheysans, très en réussite en première mi-temps (64% aux tirs!), ont alors vu leurs hôtes revenir à 4 longueurs (64-60, 29e). Un autre match commençait. Mais Monthey, qui avait l’occasion de se qualifier pour une finale inespérée au vu de sa saison, a joué le coup à fond. En s’appuyant sur un John Chandler incandescent (29 points, 7 rebonds et 10 fautes provoquées), les Chablaisiens ont creusé un nouvel écart. Jusqu’à cette fameuse 38e minute… Lorsque Davonta Jordan a décidé de s’occuper personnellement du cas Chandler, qu’il a littéralement étouffé. Et plutôt quatre fois qu’une! «Quand nous avions perdu ici en début de saison (après avoir mené de 20 points, ndlr), nous avions trop regardé le tableau. Cette fois, nous sommes restés concentrés sur notre but. C’était mieux ainsi», sourit Mbala.
Enfin le vrai départ?
Au final, Olympic n’a encaissé que 27 points après la pause. Un chiffre qui vaut tous les discours. «Notre seconde mi-temps a été assez incroyable. J’y vois beaucoup de positif», se réjouit Aleksic. Ce petit miracle peut-il enfin lancer la saison de ce Fribourg Olympic pour le moins déroutant? «Ça peut être un vrai tournant. Gagner un gros match grâce à une grosse défense d’équipe va mettre tout le monde en confiance», estime Jurkovitz. Présent dans les gradins du Reposieux, le président Philippe de Gottrau veut croire à une victoire fondatrice. «Jusqu’ici, nous avions perdu les matches importants, contre Porto en Coupe d’Europe et Neuchâtel en Coupe de la Ligue. On apprend en perdant. L’équipe a beaucoup changé, maintenant qu’elle est au complet, on sent qu’elle monte en puissance.» De quoi s’éviter une mauvaise blague en finale le 1er avril?
La Liberté - François Rossier