BCF Elfic Fribourg - Nyon Basket Féminin 3-0
Nyon Basket Féminin a courbé l’échine devant le champion Elfic
Au Rocher, samedi, les Nyonnaises ont subi la dure loi du plus fort. Elfic a fait sien l’acte III de la finale des play-off (46-92) et a été couronné champion suisse.
Tout s’apprécie à l’aune de la victoire ou de la défaite? En basket, sport friand de statistiques, particulièrement? On serait tenté de répondre par l’affirmative. Regardez Elfic Fribourg. En s’offrant un succès sans appel (46-92), samedi au Rocher, lors de l’acte III de la finale des play-off, les Fribourgeoises ont fondu sur un cinquième titre national consécutif et obtenu un douzième trophée en trois ans. N’en jetez plus, la coupe est pleine!
751 à 549
L’ampleur de la défaite occulte le fait que les Nyonnaises menaient de 12 points (27-15 à 12’19’’), déjouant alors de belle façon le pronostic. Mais d’un coup d’un seul et un partiel de 2-21, le match se retourna comme une crêpe et, avec lui, l’espoir ténu que caressaient les Nyonnaises de prolonger l’aventure. Cette saison, Elfic s’est imposé dix fois en dix rencontres face au NBF, pour un total de 751 points à 549. Des chiffres, encore, significatifs. «Je suis content et fier que Nyon ait disputé sa deuxième finale de play-off en deux ans», commentait Hakim Salem au moment de se pencher et de s’épancher sur cette dernière sortie. Dans un même élan, le coach ajoutait: «Mais on a besoin de joueuses pros qui suivent les plans de jeu, portent l’équipe et tirent celle-ci vers le haut.» Les oreilles de Niedzwiedzka ont dû siffler. En 22’55’’ de jeu, la Polonaise n’a capté aucun rebond et inscrit 5 petits points. Campbell, elle, a réalisé son double-double habituel (13 unités/16 rebonds). Caroline Turin disait le sentiment partagé qui l’animait: «En moi, il y a un mélange de tristesse et de colère.» «Les cinq dernières minutes du premier quart nous ont tuées, imageait la capitaine Laure Margot. Une erreur a succédé à une autre et ça a été l’effet boule de neige. Le score fait un peu mal au cœur, mais on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes.»
Ruga arrête, Fora part
Victime d’une déchirure du tendon du genou droit avant cette finale, Eva Ruga a pris congé de la compétition. «Le basket est une passion que je ne pourrai plus concilier avec mon métier d’infirmière», explique-t-elle. Radio Rocher laisse entendre que Meline Franchina n’effectuera pas son retour sur les parquets le prochain exercice. A vérifier. Dans le camp des championnes, relevons les 26 points et 13 rebonds de Courtney Range lors de cet acte III. A la fin du match, l’émotion étreignait Nancy Fora. Après sept saisons passées à Elfic, l’internationale suisse est sur le départ. «J’ai gagné 18 ou 19 coupes à Fribourg, je ne sais plus exactement, rigolait la Tessinoise. A 25 ans, c’est le moment de franchir un palier. Je poursuivrai ma carrière en France.» Quant à savoir si Marielle Giroud rempilera…
La Côte - Patrick Testuz
Elfic Fribourg au septième ciel
Nancy Fora et ses coéquipières ont écrasé Nyon 46-92 pour s’offrir un nouveau sacre national
Les chiffres donnent le tournis. Depuis le dernier trophée égaré par Elfic, le 2 février 2020 quand il avait perdu contre Winterthour la finale de la Coupe de la Ligue, le club fribourgeois a tout gagné. Trois championnats, trois Coupe de Suisse et trois Coupes de la Ligue. Mieux que cela, depuis le début de la saison 2020-2021, les elfes n’ont perdu que 4 matches pour… 100 victoires, auxquelles il faut ajouter les trois supercoupes. Une domination totale qui s’est encore affirmée samedi, face à Nyon, principal contradicteur des elfes depuis deux saisons, mais bien incapable d’arrêter le rouleau compresseur fribourgeois qui a remporté un nouveau titre national. Le cinquième de suite, le septième de son histoire.
Sérieuses du début à la fin
«L’année dernière, Nyon nous avait poussées au cinquième match et avait fait vaciller cette hégémonie. Cette fois, nous avons été sérieuses du début à la fin de la saison, sans jamais baissé la garde», relève Eléa Jacquot. Car, comme en 2021, l’ailière et ses coéquipières ont terminé l’exercice invaincues. Pourtant, Elfic a un peu baissé la garde, samedi, à la salle du Rocher. Ceci durant 12 minutes. Le laps de temps nécessaire pour laisser les Vaudoises prendre 12 longueurs d’avance (27-15, 13e). Le temps aussi, pour que Nancy Fora se réveille et retrouve où mettre le bras pour intercepter les ballons. Trois en l’occurrence qui lui ont offert autant de contre-attaques. Un partiel de 2-21 plus tard et les elfes ont remis les points sur les «i» et le trophée dans l’armoire. A partir de ce 27-15 de la 13e minute, les Fribourgeoises ont inscrit 77 points, Nyon… 19. «En début de match, nous sommes trop dans la facilité, pas bons dans les duels. Evidemment qu’il y a le facteur réussite (53% pour Nyon à ce moment, ndlr) aussi, explique Romain Gaspoz. Nancy nous remet dans le match avec ses ballons volés, nous retrouvons aussi notre assise défensive.» L’analyse est limpide, déjà entendue durant le reste de la saison, pour la simple et bonne raison qu’Elfic a su se montrer constant. Ceci malgré les changements d’étrangères à la mène (deux au total) et les graves blessures de Marielle Giroud, à la main puis au genou. «Je suis fier que l’équipe ait gagné en trois matches, assure Romain Gaspoz. C’était spécial, voire bizarre, d’évoluer sans Marielle, sans Madame Basket, mais nous avons trouvé les solutions. Ne pas perdre un match en plus… Ouah! J’ai eu beaucoup de plaisir à coacher cette équipe cette saison.»
Frustration à Nyon
Une formation fribourgeoise qui, pour poursuivre son hégémonie, devra survivre à un changement de cycle. Nancy Fora s’en va à l’étranger après sept ans de bons et loyaux services, Marielle Giroud, si elle décide de continuer, ne rejouera pas avant décembre et, selon Le Nouvelliste, Monthey aurait jeté son dévolu sur l’entraîneur Romain Gaspoz. «Je ne suis pas au courant, sourit-il. Je n’ai eu de contacts avec personne et n’ai signé nulle part pour la saison prochaine.» Reste que la possibilité existe et les dirigeants discuteront avec le staff aujourd’hui. «Nous voyons le futur avec optimisme, assure Cédric Allemann, le directeur technique. Cela fait un moment que nous anticipons le départ de certaines joueuses. Si Césaria Ambrosio nous a rejoints, c’était d’ailleurs dans ce but-là. Nous avons d’autres contacts avancés.» L’Elfic nouveau se dévoilera au fil des prochains mois et pourrait retrouver Nyon sur son passage dès le mois d’octobre. «Il y a un changement de dynamique qui pourrait se produire. A voir si ce sera Elfic ou une autre formation qui prendra le lead, analyse Caroline Turin, coach assistante de Nyon. Pour nous, il y a beaucoup de déception et de frustration. Avec davantage de joueuses qui entrent dans notre mentalité, nous aurions pu faire mieux.» Le rendez-vous est donc déjà pris pour la saison prochaine.
La Liberté - Patrick Biolley