Fribourg Olympic a fait le break dans sa série face à Union Neuchâtel Basket en remportant également l'acte 2 sur la marque de 87 à 67. Un 2ème match qui a épousé quasiment le même scénario que lors du 1er acte avec des neuchâtelois n'arrivant pas à soutenir la comparaison à la sortie des vestiaires face à des fribourgeois qui ont disputé il est vrai une excellente partie. Les Lugano Tigers se sont relancés dans leur série face aux Lions de Genève en allant s'imposer au Pommier sur la marque de 79 à 100. Une prestation XXL des hommes de Thibaut Petit en seconde période leur a permis de remporter cette rencontre et d'égaliser dans la série. Les 3ème matches sont prévus vendredi à 19h30 à la salle de la Riveraine et samedi à 17h30 à l'Istituto Elvetico.
Encore cette irrésistible accélération
Comme samedi, les Fribourgeois ont appuyé sur le champignon dans le 3e quart. La finale se rapproche
Acte I samedi passé: accroché durant une mitemps, Olympic revient des vestiaires avec le couteau entre les dents, passe 30 points à Union Neuchâtel dans le 3' quart et l'emporte tranquillement 83-69. Acte II hier: emprunté dans les 20 premières minutes, Olympic attaque le 3' quart pied au plancher, enquille 30 points dans le 3' quart et s'impose en toute sérénité 87-67. Un copier-coller quasi parfait qui place les Fribourgeois en position de force dans cette demi-finale des playoff au meilleur des cinq matches. La recette miracle de ces troisièmes quarts tonitruants? «Nous avons pris la mauvaise habitude de ne pas bien commencer nos matches, mais grâce à la bonne entente qui règne dans notre équipe, nous parvenons à rester soudés. Dans le vestiaire, nous procédons à quelques ajustements tactiques, parlons de l'attitude à avoir en deuxième mi-temps, puis une fois sur le terrain, nous donnons la balle à celui qui est chaud. Aujourd'hui (hier, ndlr), c'est Murphy (Burnatowski) qui a fait la différence», explique très simplement Natan Jurkovitz.
Un Burnatowski en feu
Hier, le Canadien n'était pas chaud, mais bouillant. En moins de deux minutes, Burnatowski a aligné trois tirs primés qui ont fait bondir le score de 41-36 à 50-36 (25e). En feu, le N° 6 d'Olympic a continué sur sa lancée pour terminer la deuxième mi-temps avec un 5/6 à trois points. Une réussite qui lui a valu le titre de meilleur joueur fribourgeois, mais aussi l'hommage de l'entraîneur d'Union Neuchâtel, Niksa Bavcevic: «Il est très rare de voir une telle performance. Il a pris et marqué des shoots très difficiles. Je ne peux que lui tirer mon chapeau!» Ses joueurs n'ont en revanche pas eu droit aux mêmes compliments. «C'est la troisième fois que je viens à Fribourg et c'est la troisième fois que je vis le même scénario. Nous résistons un moment, puis Olympic accélère..., soupire le coach croate. Il faut absolument stopper son jeu de transition.» Après la démonstration de force de son équipe qui a creusé un écart de près de 30 points dans le dernier quart (79-52, 351, Petar Aleksic s'est efforcé de rester prudent dans son analyse en choisissant consciencieusement ses mots. «Mes joueurs se sont bien battus. La rencontre s'est jouée sur quelques shoots difficiles et de petits détails», a-til tenté de minimiser. Un moyen d'éviter que l'euphorie ne gagne son vestiaire avant l'acte III qui se déroulera vendredi déjà en terre neuchâteloise. «Le score ne reflète pas l'écart entre les deux équipes, estime Jurkovitz, qui reste, lui aussi, sur ses gardes. L'idéal serait bien sûr de boucler cette demi-finale en trois matches, mais il faudra travailler dur pour l'emporter à Neuchâtel, car Union sera meilleur devant son public.»
Concentration défaillante
Sonnés, les Neuchâtelois se retrouvent dos au mur, mais ils ne sont pas désespérés. «Lorsque l'on perd 20 ballons dans un match, il y a un problème de concentration. La concentration, c'est ce qui sépare les bonnes équipes des grandes équipes», lâche Andre Williamson. «Si nous ne nous montrons pas plus constants, nous sommes morts», avertit encore l'ex-joueur d'Olympic, désormais topscorer d'Union. Si la série sent de plus en plus mauvais pour son équipe, Niksa Bavcevic veut encore y croire. «Un entraîneur doit rester optimiste. Il est comme un capitaine de bateau: c'est le dernier à abandonner. En play-off, perdre de 1 ou 20 points ne change rien. Je suis persuadé que nous avons les armes pour rivaliser avec Fribourg, mais pour l'emporter, il faudra réussir le match parfait.» Face à un Olympic en pleine confiance, la tâche n'aura rien d'une sinécure.
La Liberté – François Rossier
Seul un miracle peut encore sauver Union
Dominés par Fribourg lors du deuxième acte des demi-finales de SB League, les Neuchâtelois se retrouvent dos au mur. Pour se qualifier, ils doivent désormais remporter les trois prochains matches.
Allumez les cierges et priez! Mené 2-0 par Fribourg Olympic, Union Neuchâtel doit désormais compter sur un véritable miracle pour se hisser en finale du championnat de Suisse de basketball. Battus 87-67 hier, les Neuchâtelois sont condamnés à réussir ce qu'ils n'ont pas encore fait cette saison: dominer la formation fribourgeoise. A Saint-Léonard, Brian Savoy et Cie ont essuyé leur cinquième revers de l'exercice contre les hommes de Petar Aleksic. Ils devront remporter les deux prochains matches à la Riveraine puis devenir la première équipe de SB League à prendre la forteresse de Saint-Léonard. La donne est simple, mais la mission s'annonce quasiment impossible. Peu ou prou, la trame de la rencontre aura été la même que lors du revers subi lors du premier duel, samedi (83-69). Les Neuchâtelois ont résisté pendant une mi-temps, avant de tomber dans un trou d'air fatal en début de deuxième mitemps. «J'ai vraiment l'impression d'être dans le film 'Un jour sans fin'», soufflait l'entraîneur neuchâtelois Niksa Bavcevic. «C'est la troisième fois que je viens ici, et c'est la troisième fois que je vis le même scénario. Nous n'avons pas de lacunes tactiques ou physiques. Nous avons juste un problème de concentration.»
Burnatowski en feu
Pratiquement coup sur coup, Murphy Burnatowski a «enfilé» trois paniers primés pour permettre à Olympic de prendre 14 points d'avance sur Union (50-36). «Grâce à notre entente, nous avons réussi à faire la différence», livrait Natan Jurkovitz. «Nous n'avons pas cherché à surjouer mais nous avons essayé de donner le ballon à celui qui avait la main chaude. Cette fois, c'était Murphy.» Distancé de vingt points à la fin du troisième quart (67-47), Union n'est pas parvenu à revenir au score face à la maîtrise collective fribourgeoise. Il faut croire aussi que la tête était déjà tournée vers vendredi (19h30) où la troupe à Niksa Bavcevic sera obligée de réaliser son premier exploit. Or tant qu'il y a un espoir, le coach de la Riveraine veut y croire. Au moins un peu. «En tant qu'entraîneur, je dois de me montrer optimiste», relevait le mentor aux origines croates. «Nous avons montré que nous avons les armes pour rivaliser avec Fribourg. Mais contre cet adversaire, nous devons être parfaits pendant quarante minutes.» Union devra jouer comme il ne l'est certainement jamais encore parvenu cette saison. Autrement le rideau tombera définitivement sur la Riveraine.
ArcInfo – Laurent Merlet
Le ciel est tombé sur la tête des Lions de Genève fantomatiques
Victorieux trois jours plus tôt dans l'Acte I de cette demi-finale, les hommes de Bosnic ont été transpercés par un Lugano transfiguré
Qui au monde aurait pu imaginer pareil scénario? Remarquables samedi, face il est vrai à un Lugano un brin transparent, les Lions ont été humiliés mardi soir dans un Pommier surchauffé (1600 spectateurs) par des Tessinois sans commune mesure avec le pâle antagoniste du match No 1. Les Genevois, qui n'ont pas su trouver les solutions au nouveau problème posé, devront impérativement s'imposer une fois lors des deux déplacements à venir outre-Gothard, sous peine de vivre une cruelle désillusion. Il fut rapidement évident que la tâche des Lions serait moins aisée dans ce match No 2 qu'elle l'avait été trois jours plus tôt: après 1'03" (2-4), les Tessinois avaient déjà réussi ce qu'ils n'avaient jamais fait samedi, soit mener à la marque. Beaucoup plus résolus en défense, les Luganais n'ont jamais laissé les hommes de Vedran Bosnic prendre plus de cinq points d'avance avant la pause (10-5, 25-20). Les Tessinois ont même mené 30-33, avant que Marko Mladjan n'inscrive cinq points d'affilée. Feu de paille...
Réaction des Tigres
Beaucoup plus mordants, les Tigres ont fait état de la réaction qui était indispensable s'ils ne voulaient pas obérer déjà une bonne partie de leurs chances. Ils ont fait pencher la partie en leur faveur dans un troisième quart où ils ont inscrit pas moins de 35 points! Réussite insolente, arbitrage contestable, erreurs genevoises à la pelle: tout a joué alors en faveur des visiteurs, à sept seulement, mais tous à la hauteur de l'événement. Notamment les remplaçants Carey et Molteni, auteurs réciproquement de 20 et 18 points. Les Lions? Édentés, incapables de s'opposer à la furia tessinoise, dominés à l'intérieur et pitoyables dans les tentatives à distance, avec un 6 sur 24 qui en dit long... S'imposer dans ces conditions est tout bonnement impossible. Seul Genevois à évoluer à son réel niveau (23 points), Arnaud Cotture ne se voilait pas la face: «Nous n'avons pas été assez forts en intensité, nous n'avons pas réussi à répondre à leur défi physique. Nous ne sommes simplement pas restés dans le match, chacun s'est mis à jouer pour soi», déplorait le Valaisan.
Gagner à Lugano
«Lugano a fait le match qu'il devait, nous avons subi, pas été à la hauteur. Nous n'avons pas réussi à taper là où ça fait mal», poursuivait le Valaisan, disponible malgré les circonstances, au contraire de son capitaine Roberto Kovac... Difficile de lui donner tort, tant les Genevois, fantomatiques, ont fait peine à voir dans la deuxième partie de la rencontre. Désormais, une réaction dès samedi au Tessin s'impose, si les Lions ne veulent pas laisser les Tigres mettre définitivement la patte sur cette demi-finale. «Nous n'avons pas le choix. Il va falloir se bouger, montrer ce dont nous sommes capables. Nous n'avons plus l'avantage de la salle, il faut le reprendre», concluait le No 9. Problème: Lugano n'est jamais facile à jouer chez lui, et remontés comme le sont désormais les hommes de Thibaut Petit, reprendre le momentum sera tout sauf une partie de plaisir...
Tribune de Genève – Philippe Roch