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Swiss Basketball 23.11.2016

La Suisse face à la Bulgarie à Fribourg

A l’aube de la rencontre opposant la Suisse à la Bulgarie et pour le dernier match de cette campagne qualificative pour l’EuroBasket 2017, Swiss Basketball est allée rencontrer deux pièces maitresses de l’équipe nationale et du championnat suisse. D’un côté Caroline Turin, joueuse exemplaire et historique de l’équipe nationale et de l’autre côté Nancy Fora, l’étoile montante du basket suisse. Un regard croisé entre deux générations qui travaillent main dans la main pour le développement et la reconquête du basket féminin.


La Suisse a livré une excellente performance en Russie, quel souvenir gardez-vous de ce match ?

 

Nancy : 


Pour moi, l’ambiance dans la salle et les 5000 spectateurs présents restent les souvenirs les plus marquants de ce voyage en Russie. C’était la première fois que je jouais devant autant de spectateurs, c’était vraiment cool ! Je retiens également notre superbe fin de match où nous n’avons finalement perdu que de 9 points.


Caroline : 


Oui en effet, c’est toujours très plaisant de pouvoir jouer dans une belle salle avec une telle ambiance. Cela change de la routine du championnat suisse !

Mais je retiens particulièrement notre grosse performance collective. C’est très important pour nous de bien terminer notre campagne et même s’il n’y a pas de qualification à la fin.

Certes, cela reste une défaite, mais c’est de très bon augure avant notre match de ce soir face à la Bulgarie ! 

 

Comment vous sentez-vous avant la rencontre face à la Bulgarie ? Est-ce que la Suisse peut créer la surprise ce soir ?

 

Nancy :

De mon côté je me sens bien, l’équipe ne ressent pas de pression particulière. Nous avons bien préparé notre match, notamment en analysant l’attaque et la défense de l’équipe bulgare. Pour nous, l’important c’est vraiment de jouer libérées, on croit en nous et chaque match que l’on joue, nous voulons le gagner !


Caroline :

Il y a 3 ans, avec l’équipe au complet, nous avons réalisé une grande performance en Bulgarie et je suis certaine que nous pouvons la réitérer cette année à Fribourg. Nous n’avons pas de pression car il n’y a pas de qualification à la clé, mais notre principal objectif est de décrocher une victoire dans cette campagne. 

Toutes les joueuses sont en bonne santé, nous sommes en pleine forme après notre match en Russie, on va tout faire pour gagner ce match. 

Pour moi si nous gagnons ce soir, je ne pense pas que ce sera une surprise mais une belle performance, car ça doit être dans nos cordes de gagner ce genre de match.

 

Caroline, vous étiez présente mais blessée en début de campagne. Quel est le bilan général de l’équipe nationale féminine cette dernière année ? Comment voyez-vous l’avenir de cette équipe ?

Dès le début, avec ou sans blessure, cette campagne s’annonçait difficile avec deux grosses équipes  comme la Grèce et la Russie. Nous n’avons malheureusement pas eu de chance dans le tirage au sort des groupes, malgré un nouveau format de compétition qui donne la chance aux plus petites nations de se qualifier. Mais cela nous a permis d’engranger beaucoup d’expérience.

Nous avons vécu des matchs compliqués lors des deux premières fenêtres en Grèce, contre la Russie et en Bulgarie. Mais malgré tout, nous avons un groupe qui continue à avancer et le match en Russie le prouve. Je pense que nous pouvons tirer un bilan positif de cette campagne. 

Il ne faut pas oublier que c’était le retour de l’équipe nationale féminine après le fameux et regrettable arrêt de l’équipe. Il a fallu remettre le train en marche, retrouver ses marques et ce n’était pas évident. Nous nous sommes retrouvées avec un trou de génération… il faut savoir que nous avons 10 ans d’écart avec Nancy et cela a pris du temps de retrouver une vraie alchimie de groupe. Aujourd’hui l’équipe vit super bien ensemble et nous ressentons une vraie progression collective et individuelle.

Pour l’avenir, c’est encore flou de notre côté. On ne connaît pas encore exactement le format de compétition mais il y a une bonne base avec un groupe de joueuses expérimentées et de jeunes joueuses pleines d’énergie qui ont envie d’apprendre et qui seront bientôt prêtes à nous pousser vers la sortie.  Il y a une très bonne dynamique dans le groupe et le nouveau staff a permis d’apporter un nouveau souffle. Le bon match réalisé en Russie est lié à cela et l’excellent match que nous allons faire ce soir également ! 


Nancy, vous êtes la dernière arrivée et vous n’avez que 19 ans. Au vu de votre récente expérience en équipe nationale senior, comment voyez-vous l’avenir de cette équipe ?

Oui je suis jeune mais il y a aussi des filles plus jeunes que moi (Gabrielle McDowell et Léane Margot) (rire). Je suis la dernière arrivée mais très contente de faire partie de cette équipe composée de jeunes joueuses et de joueuses expérimentées. Leur expérience alliée à notre énergie donne un très bon mélange, je trouve que c’est vraiment positif. Nous essayons de travailler fort pour être encore plus fortes à l’avenir.

 

On entend parfois que le niveau du basket féminin suisse n’est pas au top. Pourtant, votre club (Elfic Fribourg) réalise un beau parcours en EuroCup cette saison et vous avez rivalisé avec une grande équipe russe lors de votre dernière rencontre en équipe nationale samedi passé. Quel est votre avis sur le basket suisse féminin ?

 

Caroline :

Malgré tout, je pense que le niveau est très inégal. 

Deux étrangères pour neuf équipes ce n’est pour moi pas assez, ou alors il y a trop d’équipes pour ce championnat. Il y a un problème car on se retrouve avec un niveau trop inégal entre les équipes de la Ligue Nationale A. Le fait est qu’il y a énormément de jeunes joueuses qui arrivent en LNA à 16 – 17 ans et qui jouent 25 minutes par rencontre sans y être préparées et face à des joueuses qui ont de l’expérience. Le saut est trop grand et trop rapide entre le mouvement jeunesse et la ligue A.

Je pense également qu’il y a un manque d’infrastructures dans le mouvement jeunesse. 

Avec Elfic, il est vrai que nous réalisons un très bon début de saison avec un beau parcours en Coupe d’Europe. De plus, nous avons un noyau de 3 joueuses en équipe nationale et cela démontre l’excellent travail effectué depuis le début de saison.

 

Nancy :

Oui je suis du même avis que Caroline. Je me souviens avoir démarré en LNA à l’âge de 14 ans et 10 jours seulement ! Je trouve que ce n’est pas facile pour les jeunes joueuses et également pour les joueuses avec plus d’expérience. Il y avait beaucoup d’émotion pour moi de jouer en LNA à 15 ans et malgré que ce fût super, je pense que le niveau n’est pas assez élevé. Il faudrait plus de concurrence et permettre aux jeunes joueuses de progresser de manière plus linéaire en évitant de brûler les échelons trop vite.


Coup d’envoi de Suisse-Bulgarie : mercredi 23 novembre 2016 à 20h, salle St-Léonard à Fribourg. Entrée libre


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